L’implication des femmes dans le processus de justice transitionnelle: enjeux, défis et perspectives » est le thème d’un séminaire organisé par le haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme(HCDH) en Guinée en partenariat avec l’organisation internationale de la francophonie(OIF).

Ce séminaire d’échange et de partage d’expériences qui se tient du 22 au 25 avril 2015 dans un réceptif hôtelier de la capitale guinéenne, regroupent 50 femmes guinéennes composées de femmes ministres, des responsables d’organisations féminines ainsi que des femmes cadres ayant assuré des fonctions de députés.

Selon les organisateurs, l’objectif général de cette activité est de mettre à la disposition des participantes des outils sur le processus de justice transitionnelle avec une emphase sur l’implication des femmes dans un tel processus.

Pour ce qui est des objectifs spécifiques, ils indiquent que de manière spécifique et selon une approche pédagogique, les bénéficiaires seront édifiées sur les piliers de la justice transitionnelle, la sensibilisation à la perspective d’intégration du genre dans le cadre de la justice transitionnelle, les modalités de dynamisation de la participation des femmes dans la mise en œuvre de la justice transitionnelle en Guinée.

Aux dires des organisateurs, les résultats attendus au terme de ce séminaire sont entre autres, les participants ont une meilleure compréhension des mécanismes de la justice transitionnelle, le leadership féminin est engagé à s’approprier le processus de justice transitionnelle en Guinée.

« A travers le terme de justice transitionnelle, les Etats ont pour objectif d’assurer la meilleure transitionnelle possible vers la démocratie, l’Etat de droit et la paix civile dans des sociétés ayant traversé des périodes de violations systématiques et massives des droits humains.

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Ce concept s’appuie sur quatre piliers: le droit de savoir, le droit à la justice, le droit à réparations et les garanties de non répétition.

Ces piliers fournissent à leur tour de nombreux mécanismes sur lesquels une société meurtrie par la haine et la violence pourra amorcer un processus d’apaisement et de normalisation. Durant les conflits armés et autres périodes des violences politiques, il existe des groupes de personnes dont les droits sont beaucoup plus susceptibles d’être violés en comparaison avec d’autres couches de la population.

Au rang de ces groupes particulièrement vulnérables en situation de conflits armés notamment, se situent les femmes. Trop souvent, les mandats des programmes visant à apporter réparation au bénéfice des victimes ont été conçus et appliqués sans tenir compte des dommages subis par les femmes tout au long des conflits », expliquent les organisateurs.

Pour Ives Bakobasso Boukpessi représentant adjoint du haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme en Guinée, s’il est vrai que la réconciliation au final vise à garantir une paix durable et restaurer la confiance entre tous les citoyens, il faut également dire que sa réussite est tributaire de la participation active de tous les acteurs clés de la société et notamment des femmes.

Selon lui, l’inclusion d’un perspectif genre dans les processus de justice transitionnelle permet au fond d’appréhender dès la base les problèmes de fond, pour pouvoir à l’étape de la réparation apporter les solutions adaptées.

«L’implication des femmes dans le processus de justice transitionnelle est un enjeu majeur pour toute société qui désire tourner la page d’un passé difficile. D’où la nécessité d’en comprendre les enjeux et les défis », a-t-il ajouté.

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Présidant la cérémonie, Maitre Check Sacko ministre d’Etat guinéen en charge de la justice a salué l’initiative et a fait savoir que ce sont ces femmes leaders qui vont aider la Guinée dans la construction d’un Etat de droit et d’une paix durable.

La cérémonie a connu la présence de Monseigneur Vincent Koulibaly Archevêque de Conakry et coprésidents de la commission provisoire de réflexion sur les conditions de réalisation de la réconciliation nationale(CPRN) ; mais aussi de Sanaba Kaba ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et l’enfance.

source aminata.com