Il n’y a pas de fumée sans feu. Une entreprise de destruction de la fragile paix sociale est sur le point de naitre sous nos yeux presque dans l’indifférence généralisée. Depuis la sortie ratée du général presqu’analphabète, ivrogne et trafiquant de devise Sékouba Konaté demandant la fin de la limitation du mandat présidentiel, certaines personnes uniquement motivées par l’attention du président Alpha Condé envahissent certaines Radio de Conakry pour demander la fin de la limitation du mandat présidentiel qui est de deux mandats de 5 ans actuellement.

Cette limitation de mandat considérée comme la plus grande avancée de notre constitution me semble être le gage de sécurité et de cohésion nationale. Une paix politique et sociale durable passe forcément par l’alternance dans l’exercice du pouvoir. L’exemple vivant en la matière nous vient de la Chine. Malgré son déficit démocratique, les dirigeants chinois ont compris l’intérêt de l’alternance du pouvoir pour la survie même de leur système politique. Les présidents chinois sont élus pour un temps déterminé. Il est plus facile pour le peuple d’attendre cinq ou dix ans, que d’attendre sans limite prédéfinie.

Cette proposition actuellement informelle se heurte à deux obstacles à savoir, l’obstacle constitutionnel et social. L’obstacle constitutionnel est prévu par les articles 27 et 154 de la constitution qui dispose que : « ART 27 : Le Président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non.

Article 154 dispose ce qui suit: «  La forme républicaine de l’État, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’État, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision ».

Au vue de ces deux articles, l’obstacle constitutionnel me semble juridiquement infranchissable car, la révision constitutionnelle envisagée par les révisionnistes opportunistes ne peut même pas porter sur l’objet de leur revendication à savoir « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ».

Quant à l’obstacle social, il sera automatiquement déclenché par une quelconque volonté de violation grave de la constitution qui, non seulement régit les relations de notre société d’une part, mais aussi d’autre part, fonde le pouvoir du président Alpha Condé sur la Guinée et sur les Guinéens. La constitution étant un contrat social, son respect s’impose juridiquement et moralement à tous.

Monsieur le président Alpha Condé, vous êtes suffisamment expérimenté pour comprendre que ceux qui vous incitent à rompre votre obligation de respect de notre contrat social sont loin d’être vos amis. Certains de vos collaborateurs d’aujourd’hui ont failli être vos bourreaux d’hier.

Vous n’êtes pas sans savoir que ces incitateurs ne sont motivés que par la volonté de profiter de votre pouvoir à leur seul profit égoïste. L’histoire politique nous montre que les premiers à fausser compagnie aux chefs d’État en souffrance sont ceux-là mêmes qui les avaient poussés à la faute.

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Dernier exemple en date est le cas de monsieur Moussa Dadis Camara qui avait toutes les cartes en main pour entrer dans l’histoire de l’Afrique et celle de la Guinée par une porte dorée. Par les conseils des mêmes opportunistes, je dis bien les mêmes opportunistes car le général Sékouba Konaté en faisait partie, l’ex-chef de la junte est aujourd’hui à la porte de la Cour pénale internationale.

Le général ivrogne Sékouba Konaté a été l’un des premiers à dire que le Capitaine Dadis Camara étant Guinéen, avait le droit de trahir son engagement et de se présenter à l’élection présidentielle. La suite de cette affaire est connue de tous. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous demandons au président Alpha Condé de prendre sa distance officiellement et de désapprouver ceux qui l’incitent à violer gravement la constitution dont il est le premier gardien et qu’il vient de jurer de respecter et de faire respecter lors de sa prestation de serment du 14 décembre 2015.

Monsieur le président, toute chose, éphémère ou durable a une fin. L’important est qu’elle finisse bien. Faites votre deuxième et dernier mandat. A son terme, vous organiserez les élections et vous prendrez votre retraite qui serait méritée. Ainsi, vous rentrerez dans l’histoire comme le premier président guinéen qui aurait, de son propre gré, permis l’alternance démocratique. Cette clef, monsieur le président, vous en êtes le seul détenteur.

Vous êtes dans une position très confortable, contrairement aux dirigeants des pays africains qui ont déjà connu l’alternance démocratique. Réussite ou non de vos deux mandats, le seul fait d’assurer l’alternance démocratique vous fera entrer dans l’histoire. Ne gaspillez pas cette opportunité monsieur le président. La direction d’un État n’est pas faite pour régler tous les problèmes.

Cela est pratiquement impossible pour la simple raison que le bonheur absolu est hors de toute portée, car, chaque bonheur atteint se transforme automatiquement en un autre point de départ vers une autre qualité de bonheur. La vie d’une personne ou celle d’une société humaine ne suffira pas pour l’atteindre du fait qu’il est en extension perpétuelle comme l’univers.

Monsieur le président, aussi longtemps que vous vous battrez pour le respect de la constitution, vous pouvez compter sur le soutien de la majorité des Guinéens parmi lesquels vous trouverez forcement ma modeste personne, pas pour vous défendre, mais, me joindre à vous pour défendre notre contrat social dont vous êtes le premier défenseur.

Par contre, monsieur le président, si par malheur, le conseil des révisionnistes opportunistes finit par l’emporter, je vous dois cette sincérité de vous dire clairement que vous vous heurterez à la résistance de la majorité des Guinéens parmi lesquels ma modeste personne, pas parce que je suis contre vous, mais pour me substituer à vous pour la défense de notre contrat social.

Chers compatriotes, cette prise de position ne doit être vue ni comme une expression de visée hostile, encorne moins comme expression de visée partisane. Elle correspond à ma vision de la Guinée démocratique, réconciliée et prospère.

 

Vive la Guinée démocratique et prospère.

 

Makanéra Ibrahima Sory

Juriste d’Affaires et d’entreprise

Fondateur site www.leguepard.net

Contact : makanera2is@yahoo.fr

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